L’aubépine, ses cenelles et ses aiguilles

Ce printemps, j’avais repéré un beau bosquet d’aubépine au fond d’une grande clairière sauvage. J’y suis retournée hier pour en ramasser les baies.

L’ancêtre du fil barbelé 🦌

Disons qu’une clairière au printemps, c’est bien beau, avec la végétation qui reprend doucement. Mais détail que j’avais oublié : en automne, c’est franchement la jungle, avec des plantes touffues jusqu’à la taille, et un sol accidenté et plein de souches qu’on ne voit plus ! J’ai fini par repérer un passage d’animaux qui allait dans cette direction, et j’ai donc suivi leur trace en profitant du fait qu’ils avaient écarté les plantes et rendu le sol un peu moins invisible. En arrivant devant le bosquet d’aubépine, terminus. Un mur dense, infranchissable, et plein d’épines bien aiguisées longues comme mon pouce. La trace s’arrêtait là, avec un beau rond d’herbe aplatie qui avait du servir à la sieste d’un chevreuil, et les branches basses et baies un peu grignotées.

Comme quoi, nos aïeuls avaient bien compris : dans plusieurs régions, l’aubépine était utilisée en haies pour protéger les cultures, tel l’ancêtre du fil barbelé ! Je suis repartie comme le chevreuil, par le même chemin, avec un sac plein de cenelles et quelques égratignures en plus sur les bras.

L’aubépine, alliée du système cardiovasculaire ❤️

L’aubépine (Crataegus sp.) est utilisée depuis des siècles, et pas seulement pour former des haies ! En herboristerie, c’est une alliée incomparable du système cardiovasculaire. C’est le tonique cardiovasculaire par excellence. Elle soutient le fonctionnement du cœur, la circulation sanguine et la santé des vaisseaux sanguins, elle aide à réguler la tension artérielle, et elle a également des propriétés légèrement calmantes et apaisantes et permet de réduire les effets du stress.

C’est une plante douce au goût très agréable qui peut être prise quotidiennement et sur le long terme. Les fleurs et les jeunes feuilles, cueillies au printemps, ainsi que les fruits (aussi appelés « cenelles » dans certaines régions), cueillis à l’automne, ont les mêmes propriétés et peuvent être utilisés pour préparer des infusions. Les fleurs et les jeunes feuilles ont un goût plus floral et herbacé, tandis que les fruits donnent une infusion plus « dense », mais au goût doux et discret. J’aime beaucoup les mélanger, car ils se complètent assez bien.

Précautions 🥽 🪡

Si vous voulez en ramassez, attention : l’aubépine, ça pique fort ! Ce n’est pas pour rien que ses épines impressionnantes étaient utilisées comme aiguilles à coudre ! Portez des manches longues et des vêtements solides auxquels vous ne tenez pas trop, et surtout portez des lunettes (de soleil, de vue, ou de protection). Finalement, prenez votre temps : la manipuler avec soin et délicatesse, c’est encore le meilleur moyen d’éviter de se faire piquer !

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