🌳 Connaissez-vous le peuplier baumier (Populus balsamifera) et son cousin le peuplier faux-tremble (Populus tremuloides) ?
Par ici, c’est la première cueillette de l’année, autour de l’équinoxe de printemps. On les ramasse quand ils sont encore fermés et gorgés de leur résine protectrice, au moment où on peut enfin ôter nos mitaines plus de quelques minutes sans se geler les doigts ! C’est mon signe que le printemps est là, même s’il y a encore de la neige au sol et que la température frise toujours les 0°C.
Fait méconnu : saviez-vous que les abeilles récoltent elles aussi la résine des bourgeons de peuplier pour désinfecter leurs ruches ? C’est en grande partie de là que vient la propolis !
🔍 Le reconnaître
Le peuplier baumier (Populus balsamifera) est un grand arbre pouvant dépasser les 30 mètres. Il pousse presque partout en forêt québécoise, souvent en bordure des cours d’eau, dans les sols humides. On le reconnaît à son écorce grise à motifs, et surtout, à ses bourgeons orangés qui collent aux doigts et dégagent ce parfum envoûtant si caractéristique. Ce n’est pas pour rien qu’il s’appelle “baumier” : il embaume ! Un truc pour l’identification : son pétiole est rond (contrairement aux autres peupliers chez qui il est aplati), et on peut le faire rouler entre le pouce et l’index.
Son proche cousin, le tremble ou peuplier faux-tremble (Populus tremuloides), lui est souvent substitué en herboristerie nord-américaine car il a des propriétés similaires. Il est très prolifique, avec une incroyable capacité de propagation par ses drageons racinaires qui lui permet de former de denses colonies. Ce n’est pas pour rien que je le surnomme parfois affectueusement “chiendent de la forêt” ! C’est un arbre que j’affectionne particulièrement pour ses propriétés, mais aussi pour son doux bruit quand il “tremble” au vent, et sa belle couleur orangée à l’automne.

🌿 Cueillir de façon responsable
On cueille les bourgeons tôt au printemps, quand ils sont encore fermés et bien gorgés de résine. Prélevez-en sur plusieurs arbres plutôt qu’un seul, répartissez votre cueillette sur différentes branches, et bien sûr, ne prenez jamais plus que ce dont vous avez besoin. Pensez aussi qu’en cueillant un bourgeon, vous allez empêcher le développement d’une nouvelle branche. Pour respecter la forme et l’harmonie de l’arbre, équilibrez vos cueillettes entre différentes branches, différents côtés de l’arbre, différentes faces d’une même branche. Et si c’est un arbre proche du chemin, cueillez plutôt les bourgeons qui auraient donné naissance à des branches “dans le passage”, pour éviter de devoir les tailler ensuite !
📜 Usages ancestraux et actuels
Les Premiers Peuples d’Amérique du Nord utilisaient le peuplier baumier depuis des siècles, notamment pour soulager les douleurs rhumatismales et favoriser la cicatrisation. En herboristerie occidentale, il appartient à la famille des Salicacées, tout comme le saule, et partage avec lui une longue tradition d’usage contre la douleur et l’inflammation.
🫙 On en fait quoi ?
On fait macérer les bourgeons dans une huile végétale pour obtenir un macérât huileux à l’odeur chaleureuse, et aux propriétés anti-inflammatoires, analgésiques, cicatrisantes et antiseptiques. Cette huile peut ensuite être transformée en un baume idéal pour les petits bobos du quotidien et les douleurs articulaires.
💡 Astuces
Si vous avez déjà ramassé des bourgeons de peuplier baumier, vous savez qu’il y a un petit défi associé à sa cueillette : il peut vous laisser les doigts résineux pour plusieurs jours ! Le secret est de les ramasser quand la température est sous 0°C. Si vous n’avez pas pu y échapper et que vous rentrez de votre cueillette avec les doigts résineux, la résine est liposoluble et s’enlève très bien avec de l’alcool (à au moins 70°), du Purell, ou même avec de l’huile.
⚠️ Précautions
L’huile macérée s’utilise en application externe seulement. Le peuplier baumier contient des composés de la famille des salicylates, comme l’aspirine : les personnes allergiques à l’aspirine devraient donc l’éviter. On le déconseille aussi aux femmes enceintes ou qui allaitent, et aux jeunes enfants. En cas de doute sur l’identification ou l’usage, formez-vous à la cueillette éthique et/ou consultez un herboriste qualifié !
Si ces publications et partages vous inspirent, vous pouvez contribuer au projet en offrant un « café » à l’Herboristerie de l’Ours. Chaque café fait une réelle différence, et est immensément apprécié !
Vous pouvez aussi vous abonner à l’infolettre pour recevoir les derniers articles publiés, des informations sur les activités et formations, et les nouvelles fraîches du jardin médicinal !